Une histoire collective, une trajectoire politique.

 

Chapitre 1 : « Une bouteille de champagne qu’ils n’arriveront pas à faire une liste » (Adjoint de la liste de M. Henno, en 2014)

Nous sommes en janvier 2014. Un groupe d’habitants, pour la plupart des parents d’élèves des écoles publiques de Saint-André, veulent faire entendre une voix différente aux élections municipales de mars 2014. L’objectif ? Changer de méthode. A cette époque, nous contestons la gestion « paternaliste » de la ville et le manque d’écoute des habitants qui ont envie de se bouger pour Saint-André. Pendant ce temps, les fidèles adjoints de M. Henno parient sur le fait que ce collectif citoyen n’y arrivera pas. Perdu. La liste « Saint-André : tous acteurs de notre ville » est déposé et obtient 11% et 1 siège pour Loïc Lebez. Aux côtés de cette démarche nouvelle, des listes de gauche (PS, écologistes, PCF), vont progressivement s’impliquer dans la démarche citoyenne. M. Henno est toutefois largement réélu pour son 3e mandat avec 67% des suffrages exprimés.

 

Chapitre 2 : « Les Muchaux n’ont pas vocation à devenir Notre-Dame-des-Landes » (M. Daubresse, 20 janvier 2018 dans la Voix du Nord à propos de l’opposition citoyenne contre l’urbanisation des terres agricoles)

http://le-collectif.org/tous-acteurs/quartiers/muchaux/ 

Au-delà de l’expérience électorale, le mandat 2014-2020 aura aussi permis de libérer des énergies citoyennes et a participé à un apprentissage collectif. Les habitants engagés dans la démarche « Saint-André : tous acteurs de notre ville » ont créé une association « Le Collectif » et multiplié les initiatives : des cafés citoyens, un système d’échange local, des manifestations culturelles (Les fenêtres qui parlent), un rallye inter-écoles, des démarches d’éducation populaires, des challenges : mai à vélo, zéro déchet ou familles à énergie positive… L’implication dans les concertations en urbanisme et la lutte environnementale contre le projet des Muchaux nous a confortés dans le diagnostic d’une crise politique dans la métropole où quelques « grands » élus écrasent et imposent leurs choix au mépris du fonctionnement démocratique.

 

Chapitre 3 : « En 2001 tous copains, en 2020 tous requins » (Médiacité, 13 mars 2020 à propos de l’ancienne majorité de M.Henno)

https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2020/03/13/municipales-a-saint-andre-le-senateur-henno-face-a-ses-anciens-vassaux/

Au Conseil Municipal de Saint-André en 2017, les appétits s’aiguisent suite à la démission de M.Henno frappé par le cumul des mandats suite à son élection comme sénateur. Plusieurs adjoints veulent prendre la succession. C’est finalement Mme Masse qui deviendra maire mais la majorité implose en 3 listes aux élections municipales de 2020 : Mme Masse est la première fois tête de liste, M. Henno souhaite retrouver son fauteuil avec M. Fabre, et M. Delaplace, longtemps adjoint, tente sa chance. Médusés, le collectif citoyen, des habitants et militants de gauche assistent à ce triste spectacle et réussissent à ouvrir une alternative. C’est la naissance de #Osons, en décembre 2019.

Chapitre 4 : « Osons des listes participatives aux municipales » (16-17 novembre 2019)

https://www.mediacites.fr/tribune/national/2019/11/08/municipales-oser-des-listes-participatives-en-2020/

L’alternative politique à Saint-André se nourrit de témoignages, formations, expériences en France et ailleurs qui contribuent à construire une conscience collective inspirée par le « municipalisme ». L’objectif est la reconstruction et le renouvellement de la démocratie par nos communes, en redonnant du pouvoir aux habitants et habitantes. Le Collectif citoyen de Saint-André accueille en novembre 2019, le festival « Curieuses Démocraties » et plusieurs membres de #Osons participent à la création du réseau « Actions Communes » accompagné par la coopérative « Fréquence Communes ». Ces réflexions et ces mouvements font l’ADN du mouvement d’initiative citoyenne #Osons : le nom est directement inspiré de l’ouvrage de Christian Proust « oser s’impliquer dans la vie politique locale » (Rue de l’échiquier, 2019), un guide qui nous a été utile pour passer à l’acte !

https://christian-proust-citoyen.jimdoweb.com/

Chapitre 5 : « Qui aurait dit en début d’année que le mouvement citoyen ferait trembler jusqu’au bout les sortants ? » (La Voix du Nord 28 juin 2020)

https://www.lavoixdunord.fr/770873/article/2020-06-28/municipales-saint-andre-lez-lille-la-maire-sortante-elisabeth-masse-reelue

Les élections municipales 2020 sont perturbées par la pandémie de Covid, le second tour est repoussé en juin 2020. Dans ces conditions particulières, la liste « #Osons l’alternative citoyenne » va faire une campagne intense, joyeuse et dynamique autour de Loïc Lebez, de nouveau tête de liste. Au premier tour, #Osons se place en 2e position et élimine l’ancien maire devenu sénateur M. Henno. Alors que ces élections sont marquées par « la prime au sortant », #Osons continue à mener une campagne active pour le second tour et progresse de manière spectaculaire. Avec 42% au second tour, #Osons obtient 7 élu-es au Conseil municipal. La liste de Mme Masse est élue avec 58% (26 sièges avec la « prime majoritaire »). A ce moment, il y a un espoir de pouvoir travailler au Conseil municipal de façon plus apaisée et démocratique. Et puis, comme l’indique Loïc Lebez au soir du second tour : « un maire élu par 1 700 voix dans une ville de 12 800 habitants, ce n’est pas ça la démocratie ». Vu le niveau d’abstention record, #Osons appelle à mettre en place un fonctionnement collégial et éviter les décisions trop solitaires et arbitraires de Mme la Maire, vu la légitimité toute relative des élu-es.   

 

Chapitre 6 : Pour #Osons, un mandat d’opposition et de proposition formateur 

Le mandat 2020-2026 va être vite marqué par un décalage entre la volonté de #Osons d’être force de proposition et Mme la maire qui décide de diriger seule. Ce mandat provoque une rupture entre les habitants et la majorité sortante : les crises et tensions se multiplient avec les riverains, associations, agents, clubs de sport… Un mandat marqué par le sous-investissement et l’absence de cap, de vision pluriannuelle au-delà d’une communication “ville durable”. De son côté, le groupe #Osons multiplie les initiatives (rencontres urbaines, concertations, communiqués, …) et propositions au Conseil municipal : plus d’une trentaine d’amendements et de motions (toutes refusées par la majorité). L’activité du collectif #Osons sera constante pendant tout le mandat pour dénoncer les dérives autocratiques sur des sujets majeurs : tramway, urbanisme, vente du gîte, conflit à la halte Saint-Jean et démolition de la piscine… #Osons va apprendre et se former jusqu’à acquérir une expertise fine des différents dossiers de la ville et du budget municipal. 

Chapitre 7 :   #Osons candidat

Dès 2024, le groupe se projette vers 2026. L’énergie et l’expérience accumulée doivent servir à construire une véritable alternance politique. Inspiré des échanges avec d’autres listes participatives dans “Actions communes”, nous engageons une démarche collective en créant une association. L’enjeu est de définir une raison d’être et d’écrire une charte des valeurs fondamentales pour se retrouver autour d’un objectif commun : “construire un projet collectif, constituer une liste ouverte et indépendante, porter une ambition démocratique, écologique et sociale dans notre commune de Saint-André-lez-Lille (…)” (Charte). Dans un deuxième temps (en 2025), nous avons mis en place des groupes de travail pour échanger sur un projet collectif. En parallèle, le choix d’une tête de liste a été acté à travers une phase de candidature et une expression des membres du collectif. Le choix de Cyprien Richer est ressorti comme une évidence par rapport à son activité pendant le mandat et son rôle fédérateur pour #Osons. Un processus pour le choix des 35 noms sur la liste a aussi fait l’objet d’une méthode particulière (livret, questionnaire, entretiens individuels…). Bref, tout est prêt pour une  alternance politique sereine, appliquée, audacieuse. 

La suite de l’histoire, écrivons-là ensemble !