Le 9 février dernier, le journal Le Monde publiait un article instructif à propos de la vidéosurveillance, qui est l’un des enjeux des élections municipales à St André lez Lille comme ailleurs.
On y apprend notamment que le lobby du secteur, confronté à l’impossibilité de démontrer clairement l’efficacité des caméras, invite les maires et candidats à éviter « les promesses maximalistes qui laissent croire qu’un déploiement de caméras réglerait à lui seul les problèmes de sécurité. » On n’aurait pas mieux dit.
Il faut dire que promettre des caméras est la solution de facilité : « Pour les candidats, il semble difficile de faire l’impasse sur une technologie dont l’efficacité n’a jamais été formellement démontrée mais reste plébiscitée par l’opinion », relate le journaliste. Qui cite l’élu en charge de la sécurité à Lyon, lequel a fait croître le parc de caméras de la ville malgré « des arbitrages financiers qui ne sont pas indolores », en raison d’une « assez forte pression » de la population et de la police nationale. Et l’élu de poursuivre « en tant que décideurs publics, nous devons (…) ne jamais avancer sur des technologies sans s’intéresser à leurs effets de bord. » Telle est précisément notre position.
Sentant le vent tourner, le lobby de la vidéosurveillance diversifie astucieusement les cas d’usage, pour aider les élus à justifier l’argent public dépensé dans les caméras : « compter l’usage effectif d’une piste cyclable, comprendre et mieux gérer les flux de circulation, obtenir en temps réel l’état d’une zone pendant un épisode d’inondation. » Pourquoi pas, mais des moyens plus économiques existent pour remplir ces objectifs.
L’article rappelle enfin à ceux qui promettent (et surtout à ceux qui les écoutent) des progrès spectaculaires de la vidéosurveillance dans les années à venir grâce à l’IA que la (vidéo)surveillance algorithmique n’est pas autorisée en l’état actuel de la loi. Quand bien même la loi évoluerait, ce procédé devrait être « réservé prioritairement pour prévenir les actes terroristes ou en cas de risques d’atteintes graves à la sécurité des personnes » a fait savoir le gouvernement.
Le point de vue d’Osons
Pour rappel, nous ne sommes pas opposés aux caméras, mais plutôt sceptiques sur leur efficacité, inquiets de leur coût pour la commune et de leurs effets pervers.
En outre, comme le rappelle un article de la Voix du Nord en date du 10 février, la MEL a proposé aux communes de rejoindre son CSU métropolitain, avec des agents assermentés dédiés pour observer les images. Ce modèle, qui permet de mutualiser à l’échelle de la MEL ce que St André a choisi de faire avec 3 autres communes, nous semble plus judicieux… et économique. L’article avance un coût, réclamé par la MEL pour la surveillance entre 210 et 890 € par caméra et par an (hors frais d’achat des caméras, de maintenance, renouvellement du parc…). Ceci permettant de libérer les agents de la police municipale, afin qu’ils soient visibles et sur le terrain.
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