« Une ville qui maîtrise son foncier maîtrise son avenir » : ce que peut une commune face à la crise du logement 🏠

Le logement représente près de 30 % du budget des ménages, dont 9 % pour les seules dépenses énergétiques. Agir sur le logement — aide à la rénovation et isolation, lutte contre les passoires thermiques et l’habitat indigne, reconversion et/ou occupation temporaire des espaces vacants… — c’est donc indirectement agir sur le pouvoir d’achat.

Mais la question du logement ne se résume pas à l’aspect financier. Il s’agit aussi de proposer des façons d’habiter à St André adaptées à tous les âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à la résidence sénior et les aides au maintien à domicile, en passant par les colocations et les maisons individuelles. Sans oublier que le domicile est devenu, pour certains, un lieu de travail…

Nous voulons encourager le développement d’alternatives joyeuses et conviviales aux solutions clés-en-main des promoteurs, jusqu’ici privilégiées par une municipalité peu portée sur l’innovation : création de nouveaux béguinages, habitats intergénérationnels, habitats participatifs conçus en fonction des besoins exprimés par leurs futurs occupants, logements locatifs communaux, constructions en coopérative (voir les exemples de Zurich et Gand avec le bail emphytéotique pour réduire le prix du foncier)

Un article du site Le Nouveau Paradigme titrait récemment sur « le logement, au coeur de la fracture municipale ». Et le constat dressé parlera à nombre d’Andrésiens : « Les communes ont cédé du foncier, assoupli les règles d’urbanisme, encouragé la construction privée en espérant des retombées fiscales. Elles ont accepté que le prix du logement devienne un outil de sélection sociale. Le résultat est connu. Les ménages modestes sont repoussés à la périphérie, les classes moyennes s’endettent sur des décennies, les centres se transforment en vitrines. »

Les conséquences sont nombreuses : « Allongement des temps de transport, dépendance à la voiture, fatigue, pollution, isolement social. Le logement est au cœur de la crise écologique autant que de la crise sociale. Une ville où l’on ne peut plus habiter à proximité de son travail ou de ses services est une ville condamnée au tout-voiture et à l’explosion des inégalités territoriales. »

Une situation face à laquelle les villes seraient impuissantes, « comme si la flambée des loyers et des prix n’était que la conséquence malheureuse de lois économiques inéluctables. »

Pourtant, des leviers existent, à condition de cesser de traiter le logement comme un sujet technique, et de le laisser entièrement aux mains du marché :

« Une ville qui maîtrise son foncier maîtrise son avenir. Chaque terrain public cédé au privé est une perte durable de capacité d’action. À l’inverse, conserver, acheter, préempter permet de reprendre la main sur les usages et les prix. (…) Les communes peuvent aussi agir sur la vacance, encadrer les loyers quand la loi le permet, limiter les locations touristiques (à commencer par les Airbnb) qui assèchent le parc résidentiel, conditionner les projets immobiliers à des exigences sociales et écologiques. Là encore, tout est affaire de choix. »

Et l’article de conclure en se demandant pourquoi la richesse produite par le territoire devrait-elle être captée exclusivement par la rente foncière et immobilière ? « Cette richesse échappe largement à la collectivité, alors même qu’elle est produite par des décisions publiques : infrastructures, transports, équipements, écoles font forcément grimper l’attractivité d’un quartier. »

« Une commune réellement sociale et écologique est une commune qui assume de reprendre une partie de cette richesse pour la réinvestir dans le droit au logement. Cela passe par la fiscalité locale, par des politiques foncières offensives, par la fin des cadeaux systématiques aux promoteurs. Ce n’est pas une croisade idéologique. C’est une condition de survie urbaine. »

Voilà une réflexion qui nous inspire.